The same story, the same man walking in the street, the same cafe, the same splash.
But it was a few years ago. Hew.
"Que tout cela croisse et [croasse] et que ça grouille et que cela couine et que ça respire soupire expire, que cela coule, que ça poudroie, étincelle et miroite dans tous les sens et même en travers, que l'on ait des jours et nuits (variables) des saisons et des demi-saisons et du vent de la tempête que les mers remontent jusqu'aux sources des fleuves -ou le contraire- et que cela s'empiffre s'entre-dévore tant entremêlés tous à faire un grand noeud que personne ne puisse jamais trancher."
[L'aquarelle, quand tu maîtrises, c'est beau. Si tu n'es qu'un oeuf de scarabée nain, comme moi, ça donne ce genre de paté grossier]
Le pH verbal tend à devenir neutre.
Ma méduse cérébrale s'assujettit à ce monde répugnant et
s'adoucit à son encontre. Elle devrait, de son venin, lui arracher
les membres, le marquer de manière indélibile et ainsi lui rappeler
qu'il est lui même constitué de milliards de méduses terriblement
dangereuses, qui se nourrissent des déchets putrides qu'il rejette
et que ces cnidaires gluants colonisent rapidement son espace. Leur
espace qui leur était partagé.
Avant, je cherchais la beauté stylistique. La douceur des émotions,
la tendresse des Hommes et leur potentiel de création. Puis j'ai
craché l'acide des dragons. J'ai empoisonné des pages vierges. J'ai
rongé avidemment cette perfection apparemment imputrescible mais
moisie jusqu'à la moelle.
A présent ? La perfection hypocrite ne m'interesse plus. C'et ce
qui grouille, gronde et vocifère silencieusement qui
m'appelle.
Retrouvons la formule de la création des solutions acides. L'acide
qui brûle et embrase les coeurs, l'acide qui gèle les membres et
inocule lentement des petites portions de mort certaine, l'acide
infatigable, insatiable et permanent qui nous ronge au quotidien.
Ce poison qui circule dans nos veines, et que l'on voudrait bien
cracher à ceux qui nous l'injectent.
Quelque chose d'aussi certain que malhabile.
"[...]"
"Ce n'est pas l'esprit qui est en cause, c'est la manière dont tu le malaxes. Il est tellement malléable, et devenu si facilement accessible grâce aux média', à la "salvatrice" haute technologie que nous sommes tous devenus des pantins manipulés par des fils de kevlar. Si toi tu sais comment le protéger des attaques incessantes auxquelles tu dois faire face, consciemment ou pas, car c'est bien là le problème, beaucoup de choses se jouent dans l'inconscient, alors éventuellement tu peux t'estimer capable d'être ton propre chef et voter intérieurement pour toi. Ce qui détruit l'Homme est sa soif insatiable de pouvoir. Son orgueil. Sa volonté puissante, peut-être naturelle d'être le chef de tous. Il ne serait pas capable d'être son propre chef qu'il désirerait soumettre les autres. Des fois j'aimerais croire que nous ne sommes pas tous comme cela. Cependant, certains se sont forcés à essayer de comprendre. Voilà une autre question embêtante que de se torturer l'esprit pour trouver ce que nous, seul, sans les autres, pouvons décider de ce qui est juste à notre goût ou pas. Et puis, de toute façon, quelle que soit la réponse, ces autres n'ont pas à en pâtir."
"[...]"
"Oui, bien sûr, on a toujours une marge de liberté. Mais celle établie d'office en tant que restreinte, orientée. Je me demande souvent si tous les chemins ne sont pas décidés. Regarde simplement ce qu'il se passe autour de toi. Les gens. L'organisation urbaine. Les comportements. Les manipulations publicitaires. Tout est organisé de manière à te pousser vers une vie que tu n'envies pas forcément, au fond, mais qui t'offre un confort certain, et qui te montre ce que tu ne veux pas devenir. Ce qu'il se passe n'est rien d'autre qu'une démonstration de pouvoirs. Tu peux ne pas ressembler à ceux qui n'ont pas de toits, qui se débrouillent tant bien que mal pour dormir quelques heures dans un endroit abrité, à peu près sûr, et obtenir ton antre secret, aménagé, si tu investis. Tu peux ne pas ressembler à ceux qui portent des vêtements ringards, peu chers, absolument pas dans le mouvemende de mode, en te distinguant pour avoir sacrifié une partie de ton intégrité personnelle à ton aspect physique. Tu peux ne pas...Tu peux ne pas... Quand tu regardes autour, ce genre de réflexion, tu les as en continu. Et forcément ça te conditionne dans un certain point de vue. Et ça aussi, je pense que c'est choisi."
"[...]"
"Si tu veux. J'en suis arrivée là, au milieu de ce courant
tourbillonnant, qui fait alterner mes hypothèses entre vraies,
fausses, possibles, probables, stupide et c'est vraiment n'importe
quoi. Je suis dure envers l'être humain, et cela, il me le rend
bien. "
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